Chronique
du 3 février 2008
Rivière-du-Loup, un
exemple pour le Québec
Je vais commencer par une mince tranche de vie en vous expliquant ce qui a fait germer cette chronique. J’habite en appartement au centre-ville et j’étais offusquée, voire en colère, de constater qu’en ce début d’année 2008, je n’avais même pas encore accès à des bacs de recyclage, alors que plusieurs blocs multi logements et que les résidences en possédaient. Je me disais qu nous n’étions sûrement pas plus fous que les autres Louperivois! C’est ainsi que j’ai pris mon rôle de citoyenne en main en allant rencontrer le directeur à l’environnement et au développement durable de la Ville, monsieur Éric Côté : sympathique bonhomme qui éclaira enfin ma lanterne ! Ainsi, à travers quelques constats environnementaux qui perdurent au Québec, nous revisiterons Rivière-du-Loup avec un œil vert… et non pas avec des lunettes roses.
En premier lieu, il est important d’énoncer
à quel point l’eau occupe un rôle de premier plan. Elle est nécessaire pour la
survie de l’homme et de toutes les espèces, question d’hygiène et
d’hydratation. Toutefois, le Québec est l’un des plus grands consommateurs
d’eau potable au monde puisque commerces et résidences confondus, notre
province consomme 777 litres par personne et par jour[1].
Un record dont on ne devrait pas être si fier considérant que près de 1,2
milliard[2]
de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, soit un cinquième de la
population mondiale. Dans un autre ordre d’idées, des questions subsistent
toujours quant à l’eau embouteillée. Les embouteilleurs paient une licence de
3500 $ qui est valable dix ans et n’ont ensuite plus rien à payer pour l’eau
qu’ils prennent de nos sources souterraines. Ce fait ne serait pas si aberrant
si les revenus engendrés par la vente revenaient à des investisseurs d’ici,
mais tel n’est pas le cas. Effectivement, 80% du marché va aux grands acteurs
tels que Danone, Nestlé, Coca-Cola et Pepsi[3].
Pour couronner le tout, aucune étude n’est réalisée afin de savoir à quelle
vitesse se renouvellent les nappes phréatiques et quelle quantité d’eau
annuelle y est puisée. Alors, en plus de carrément donner notre eau, nous ne
savons même pas le total de l’eau qui a été pompée! Une chance qu’elle est
importante, notre eau…
Avec les statistiques susmentionnées, l’eau potable
n’est pas une ressource négligeable et c’est pourquoi il est primordial
d’installer des compteurs d’eau aux industries, aux commerces et aux
institutions (ICI). De plus, ces secteurs produisent des rejets qui sont dans
plusieurs cas très pollués et deviennent donc responsables d’une part du coût
pour l’épuration des eaux usées. En ce sens, la ville de Rivière-du-Loup a
installé plus de 350 compteurs d’eau dans les ICI afin de cibler les plus
importants consommateurs d’eau et ainsi établir un plan d’intervention en
collaboration avec eux pour réduire la consommation directement à la source.
Des mesures technologiques plutôt simples peuvent être prises telles que la
modification des systèmes de réfrigération ou de climatisation, et même des
changements quant aux réservoirs de toilettes. Par contre, l’installation des
compteurs d’eau dans les résidences serait d’abord, incommensurablement
coûteux, puis compliqué et injuste face aux ménages plus nombreux ou moins
fortunés. Effectivement, les plus nantis continueraient de consommer à outrance
en se disant qu’ils ont justement les moyens de payer alors qu’inversement, les
moins fortunés réduiraient leur consommation au maximum pour économiser non pas
l’eau mais des sous et iraient même jusqu’à s’en priver. Bref, bravo à Ville
qui agit de manière non coercitive tout en ayant une conscience sociale !
En conclusion, malgré le léger retard qu’a pris la
Ville en ce qui concerne l’accessibilité à tous pour le recyclage, je suis
fière de dire que Rivière-du-Loup est avant-gardiste en matière de protection
et de gestion responsable de l’eau potable, ce patrimoine collectif essentiel à
la vie. Avec l’alcool comme avec l’eau, la modération a bien meilleur goût!