Chronique du
26 avril 2008
« Les
organismes communautaires : une ressource essentielle »
Dans un monde de plus en plus individualiste et matérialiste, où la satisfaction des besoins doit être immédiate, le monde communautaire fait souvent figure « d’extraterrestre », car il fonde son action sur l’entraide, le respect et la primauté de la personne, et bien sûr, sur la contribution essentielle du bénévolat. De plus, les organismes communautaires prônent le développement social et pas seulement le développement économique, ce qui, dans un contexte de capitalisme effréné et de mondialisation, peut paraître totalement dépassé.
Saviez-vous que bon an mal an, environ
6 millions de canadiens et de canadiennes font du bénévolat ? Et contrairement
à la croyance populaire, ce ne sont pas seulement les personnes âgées ou à la
retraite qui s’impliquent auprès des gens de leur communauté. Le monde
communautaire est composé d’une mosaïque d’individus, d’hommes et de femmes qui
désirent contribuer à l’amélioration de la qualité de vie de leur communauté.
Il y a aussi des jeunes qui croient fermement qu’ils peuvent jouer un rôle
social important dans leur milieu malgré leur âge. Grâce à toutes ces
personnes, les moins bien nantis, qui composent souvent la clientèle des
organismes communautaires, ont accès à une panoplie de lieux où des services
répondant à leurs besoins sont disponibles.
En parlant de ces lieux
où les personnes sont accueillies telles qu’elles sont, avec leur réalité,
leurs capacités et leurs besoins, je m’en voudrais de ne pas parler du Centre
communautaire du Vieux-Manège, situé sur la rue Joly à Rivière-du-Loup, qui
fête cette année son dixième anniversaire.
Le Vieux-Manège comme on l’appelle
familièrement, regroupe en ses murs une douzaine d’organismes communautaires,
aussi variés les uns que les autres. C’est un lieu ouvert sur sa communauté, un
lieu de partage et d’échange pour les organismes qui y ont pignon sur rue.
C’est également un endroit où toute personne à la recherche d’information ou de
support, pourra trouver une réponse à ses besoins, que ce soit via les
ressources d’un organisme sur place ou par la référence à un autre organisme du
milieu. Le Vieux-Manège est un lieu vivant et dynamique qui évolue au rythme de
son milieu et des personnes qu’il dessert.
Par l’action de ses membres, le
Vieux-Manège contribue à l’épanouissement des individus, tout en permettant à
plusieurs organismes de partager des ressources et des services à moindre coût.
Mais le Vieux-Manège, c’est surtout et avant tout des hommes et des femmes qui
mettent leur expertise et leurs qualités individuelles au service des plus
démunis et de ceux qui cherchent souvent une bouée dans des moments difficiles.
Ces hommes et ces femmes de cœur (et je les connais bien) donnent toujours le
meilleur d’eux-mêmes pour améliorer la qualité de vie de ceux et celles qui
font appel à leurs services.
Dans une société qui, comme je l’ai
mentionné plus tôt, est basée sur la satisfaction personnelle des besoins, il
est heureux de constater qu’il y a encore de gens qui se préoccupent de ce qui
arrive aux personnes qui les entourent. Le monde communautaire n’est pas le
seul à s’en préoccuper, mais c’est souvent la première porte à laquelle
viennent frapper les personnes qui ne savent plus où aller, qui cherchent de
l’aide pour elles-mêmes ou pour un proche qui vit une situation difficile.
Malgré toutes les bonnes
intentions de ses bénévoles et des travailleurs des organismes qui y résident,
la survie d’un Centre comme le Vieux-Manège n’est pas facile, car ce dernier ne
bénéficie d’aucune subvention gouvernementale pour assurer son fonctionnement.
Et comme les organismes communautaires logés au Vieux-Manège ne « roulent
pas sur l’or », il est difficile de toujours leur faire assumer
l’augmentation des coûts de fonctionnement du centre. La bonne volonté de
chacun ne suffit pas toujours et la continuité des actions devient de plus en
plus difficile. Nos instances gouvernementales devraient se pencher
sérieusement sur le financement de
centres de ce type, puisqu’ils s’avèrent beaucoup plus économiques, tout en
assurant une visibilité accrue aux organismes qui y logent. Le regroupement de
ces organismes permet de plus à la communauté d’avoir facilement accès à
plusieurs ressources sous un même toit. Et, il n’est pas rare de constater
qu’une même personne puisse avoir besoin des services de différents organismes,
selon la nature de sa situation ou de ses besoins.
Depuis sa création, le
Vieux-Manège et ses membres ont permis à des centaines de personnes de se
prendre en charge et, bien souvent, d’aider à leur tour d’autres personnes, par
leur implication dans un organisme communautaire. La roue tourne, mais elle le
fait grâce à des hommes et à des femmes qui ont à cœur d’être présents aux
autres et de contribuer à faire changer les choses.
« 1998-2008
: le Centre communautaire du Vieux-Manège, au coeur de
l'action des organismes communautaires d'ici! »