Chronique du 25 mai 2008
J’y ai réfléchi longuement avant
de fixer mon choix. Parcourant de long en large le couloir devant mon
ordinateur à tenter d’établir comment j’aillais parvenir, pour une toute
dernière fois, à vous exposer des idées et des opinions qui sommeillaient en
moi et qui ne demandaient qu’à être partagées. Le sujet idéal, combien
recherché, qui allait me permettre de clore la boucle débutée deux ans plus
tôt.
Bien naturellement, je me suis
tourné vers le passé. Et c’est à cet endroit que j’ai trouvé le moyen
d’effectuer une rétrospective, qui n’en serait pourtant pas une, mais qui
jouerait le même rôle. Parler du passé, tout simplement, sans parler du mien,
mais plutôt de celui de chacun d’entre nous, celui qui s’inscrit comme une marque…
de marqueur indélébile toute notre vie durant!
À
l’avant-scène!
Si une
carrière dans le domaine public ou encore dans le « show business » vous
intéresse, sachez que votre passé peut s’avérer déterminant. D’une part,
l’accumulation de connaissances et d’expériences professionnelles guidera sans
contredit votre parcours. D’autre part, et voilà où je veux en venir, prenez
garde de ne commettre ni gourde, ni erreur de jeunesse. Car si c’est le cas,
même si vous êtes passé à autre chose et que le tout peut vous sembler sans
importance, ce ne le sera pas longtemps. Pratiquement chaque semaine, les
différents médias de la scène québécoise, et même internationale, parviennent à
déterrer le passé obscur d’un politicien, les mauvaises fréquentations d’un homme
d’affaires ou encore les déboires de jeunesse d’une étoile montante. Et même si
tous ces évènements ou situations sont choses du passé, les remous ne
manqueront pas d’affecter la vie personnelle et la carrière professionnelle des
gens concernés. Récemment, le ministre canadien des Affaires étrangères
Monsieur Maxime Bernier a pu à son tour, et bien malgré lui, constater
l’ampleur d’une fréquentation jugée « mauvaise ». Parce que son ancienne
conjointe avait par le passé fréquenté des individus liés à certains gangs de
motards et au crime organisé, on a immédiatement mis en doute le jugement de M.
Bernier. Doublement victime de leur passé! Depuis, les médias continuent
d’étaler les « mauvaises » fréquentations du ministre et questionnent
d’autant plus son jugement. Il ne reste qu’à voir jusqu’où l’histoire se
rendra.
Des
exemples de cet acabit, il en existe encore bien d’autres. Dans le monde
politique, le tout peut d’ailleurs prendre des mesures disproportionnées.
Rappelons à ce sujet qu’André Boisclair, lui aussi, en a été l’une des
victimes. Je ne croirais pas me tromper en affirmant que la fin abrupte de sa
carrière politique pourrait être liée à sa consommation passée de cocaïne. Dans
des cas semblables, une seule question s’impose : où est la limite? À quel
moment le passé de quelqu’un est-il en droit d’influencer le cours de sa vie,
peut-être dix ou même quinze ans plus tard? Voilà peut-être la clé du problème.
Lorsqu’un
individu tel Vincent Lacroix, l’ex-PDG de Norbourg, floue des milliers d’investisseurs
en utilisant des manœuvres frauduleuses, la marque tend à être plus prononcée.
Un retour de M. Lacroix dans le monde des affaires ne serait certainement pas
couronné de succès. Ce ne serait sans doute pas acceptable non plus.
Les
situations et les domaines sur lesquels le passé exerce une influence quasi
déterminante sont nombreux et probablement inchiffrables. Et, bien entendu, ce
ne sont pas que les acteurs de la scène publique qui peuvent en être accablés. De
simples citoyens en prennent d’ailleurs conscience quotidiennement. En effet,
il s’avère difficile pour de nombreuses personnes ayant vécu des difficultés
financières par le passé d’obtenir une bonne cote de solvabilité. D’autres
individus, eux, à la suite d’un vol, d’un bris ou d’un accident, voient leur
prime d’assurance augmenter alors qu’ils n’avaient possiblement rien à voir
avec l’évènement en question. Ce ne sont là que deux exemples plutôt banals,
mais à tout le moins très répandus où le passé se montre contraignant, et ce,
parfois injustement.
Notre
passé conditionne à la fois notre présent et notre futur. Je n’invente rien. Et
les situations, tout comme les impacts et les conséquences, diffèrent d’une
fois à l’autre. Ce n’est pas sans raison que je me sois tourné vers le passé
pour écrire cette chronique. C’était peut-être ma façon à moi de mesurer
l’impact qu’aura eu la chronique « en marge ». Et je ne peux
terminer autrement qu’en vous disant merci et… à bientôt!
Daniel Blanchette Pelletier