Chronique du 20 janvier 2008

 

 

Quand logique ne rime pas avec bon sens!

 

En ce début d’année, je me questionnais sur le sujet de cette nouvelle chronique et je me disais qu’il faudrait bien débuter le tout sur une note positive. Une nouvelle m’a fait changer d’idée.  Désolée, j’étais pourtant bien intentionnée.

 

J’ai vu le reportage sur cette jeune fille victime d’une balle perdue l’an passé alors qu’elle circulait en voiture et qui se retrouve maintenant avec diverses difficultés d’ordre physique, mais aussi avec des problèmes de comportement, probablement en réaction avec ce qu’elle a vécu.

 

J’ai été outrée d’apprendre que la mère monoparentale avait dû laisser son emploi pour s’occuper de sa fille et qu’aucune aide gouvernementale ne lui était fournie. J’ai alors tout de suite repensé à cette dame qui a cogné à ma porte pendant la période des fêtes, pour demander de l’argent pour assurer sa subsistance. C’était bien la même dame.

 

Le bon sens à la poubelle

Comment une société qui se dit évoluée peut-elle permettre que des personnes soient ainsi réduites à quémander de porte en porte, alors que le présumé coupable, bien que privé de liberté, se retrouve pénard dans une prison, logé, nourri et blanchi ! De plus, s’il le souhaite, il pourra toujours suivre une thérapie, à nos frais, afin de se libérer de cette rage incontrôlable. Et pour pousser la stupidité encore plus loin, il pourrait même suivre des cours qui lui permettront d’améliorer son employabilité à sa sortie ! Et le tout, sans qu’il ait à payer un sous bien sûr.

 

A ce jour, ni l’assurance automobile, ni le programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels, ni l’assurance emploi ne viennent en aide à cette famille qui, on doit l’avouer, se retrouve doublement « victimisée ».

 

La gestion de nos impôts

Mais où s’en va-t-on avec les programmes que financent nos impôts ? Est-ce qu’il existe encore une logique dans cette administration que je trouve souvent sans cœur et inéquitable ? Pour vous soutirer de l’argent, pas de problème, on agit rapidement et selon des critères que l’on ne peut discuter. Mais quand il s’agit de rendre des services aux personnes qui en ont besoin, attention, le chemin risque d’être long et hasardeux.  Trop souvent, les gens doivent se défendre seuls contre un système bardé d’avocats et de spécialistes qui ne cherchent qu’à leur en donner le moins possible, même s’ils ont cotisé à ces régimes pendant des années.

 

Ces situations m’enragent littéralement et me font tourner en bourrique. Ceux qui sont démunis ne sont pas toujours ceux qui ont les moyens et les ressources pour se défendre. Alors on profite de leur manque d’information pour les priver de services ou de ressources auxquels ils devraient normalement avoir droit. Je pense entre autre aux 65 000 personnes âgées au Canada qui n’avaient pas le supplément de revenu garanti, parce qu’elles ne savaient pas qu’elles y avaient droit et ne l’avaient pas demandé. Comme on dit, certaines personnes devaient « dormir sur la switch » et n’ont pas fait leur travail correctement. Des millions dormaient donc dans les coffres de l’État fédéral, alors que des personnes se retrouvaient dans une situation financière difficile. Dur à avaler.

 

 

 

L’information, c’est le pouvoir

Les exemples de ce type sont nombreux et il y aurait lieu, à mon avis, de revoir l’accessibilité des programmes, mais surtout les moyens utilisés pour informer les citoyens. Le fait d’avoir une information adéquate nous donne le pouvoir d’agir pour que nos droits soient respectés. Avez-vous remarqué que de plus en plus, lorsque l’on vous donne une référence pour obtenir de l’information, on vous réfère à un site web ou encore à un numéro de téléphone où des instructions vocales vous font tourner en rond pendant plusieurs minutes. Arriver à obtenir le bon service ou la bonne information relève souvent du tour de force. Tous n’ont pas accès à Internet et tous n’ont pas du temps à perdre dans les boîtes vocales des ministères. Donc, nous sommes encore loin des services accessibles à tous et à toutes et je ne crois sincèrement pas que le projet d’autoroute gouvernementale de l’information va régler le problème.

 

En terminant, il m’apparaît inconcevable qu’en 2008, au Québec, des personnes soient encore obligées de quêter pour subsister, alors que nous payons des impôts faramineux pour les services et que nous donnons des millions de dollars pour aider des gens d’autres pays. Où vont donc nos impôts, en services ou en bureaucratie ?  Je vous laisse le soin de répondre à cette question…

 

Bonne année (quand même) et que 2008 vous apporte la santé, la paix et la réalisation de vos désirs les plus chers.

 

 

Cyd Lamirande

10 janvier 2008