Chronique du 16 septembre 2007
LA VIE EST UN TÉLÉROMAN
C’est la
même chose chaque année. Il y a de quoi en faire une indigestion. Tous les journaux,
tous les magazines féminins se font un devoir de nous présenter un spécial de
la rentrée. On doit bien admettre qu’ils agissent avec rigueur et
professionnalisme. Toutefois, année après année, le concept a beau être
actualisé et les photos de plus en plus léchées, les trucs souvent simplistes
qui y sont remâchés peuvent laisser un goût amer dans la bouche des parents
bien intentionnés qui cherchent en vain la recette miracle qui leur permettra
de passer à travers le mois de septembre.
Le fantasme de l’héroïne de
téléroman
C’est
bien connu, la rentrée constitue la période la plus effervescente de la vie de
famille. Des plus petits qui changent de groupe à la garderie aux plus vieux
qui entrent au cégep ou à l’université, tous vivent généralement un stress
assez intense. D’où peut-être la tentation de chercher la recette miracle pour
atténuer les tensions. Comme si elles pouvaient être évitées!!!
Pendant
les quatre semaines du mois de septembre, toute bonne maman doit secrètement
rêver qu’elle se transforme en héroïne de téléroman. Généralement elle fantasme
sur sa préférée, la « chum de fille » qu’elle retrouve avec bonheur
quand les enfants sont couchés. Celle qui, malgré son statut de mère
monoparentale, trouve bizarrement le temps d’accompagner sa patronne disjonctée
à une réunion des alcooliques anonymes.
Pendant
les quatre semaines du mois de septembre, tout bon papa doit rêver qu’il se
retrouve à l’automne 1932, à la veille de
« prendre le bois » pour aller bûcher. Il doit avoir bien du
mal à s’admettre à lui-même qu’il souhaiterait secrètement abandonner à sa
femme les tracas du quotidien et ne revenir qu’au printemps les poches remplies
d’argent avec la satisfaction du devoir accompli.
Mais
voilà, la vie n’est pas un téléroman!
Du rêve à la réalité
Inutile
de chercher les échappatoires, la rentrée revient chaque année avec son lot de
petites joies et de petites misères. On peut bien trouver ça et là des petits
trucs qui aident à simplifier la vie, faire le magasinage des effets scolaires
au début du mois d’août pour éviter la cohue, la rentrée nous amènera malgré
tout à relever mille et un défis pour trouver l’équilibre au quotidien. Et cet
équilibre, il semble qu’on ait de plus en plus de mal à l’atteindre…
En
effet, plus déprimant encore que les cahiers spéciaux de la rentrée des grands
quotidiens, ce sont les articles sur les parents décrocheurs. On dirait que les
journaux se passent tous le mot pour déstabiliser les parents qui, dans
l’immense majorité des cas, agissent pourtant au meilleur de leurs
connaissances. Il suffit qu’au premier jour d’école un chauffeur d’autobus se
fasse insulter par un seul enfant pour qu’il conclue que tous les enfants
d’aujourd’hui sont mal élevés. En plus du stress de la rentrée, les parents
doivent savoir également se préparer à avoir toujours tort. Heureusement que
chaque grand quotidien a maintenant recruté son super spécialiste de la
psychologie infantile…
Trêve de
sarcasmes, les chroniques de ces spécialistes sont généralement très bien
faites et tentent d’amener les parents à se faire davantage confiance. Ils leur disent de se méfier des recettes
miracle. Ils leur disent de prendre simplement le temps de s’adapter. C’est
drôle, on dirait qu’ils suggèrent tout simplement d’oublier tous les trucs et
les conseils de la rentrée…