Et Lucien récidive!

 

 

Encore une fois, le discours clérico-économico-duplessiste des « lucides » essaie de culpabiliser les Québécoises et les Québécois. Encore une fois, Lucien, du haut de sa superbe, vient faire la morale à ses compatriotes… paresseux… qui ne veulent plus gagner le ciel à la sueur de leur front comme l’exigeait Dieu soi-même après avoir chassé Adam de l’Éden.  Encore une fois les nostalgiques de l’ère de la grande noirceur applaudissent au message ringard du porte-parole d’une élite Westmountaise qui (il l’a affirmé sans rire) constitue la seule vérité… pour laquelle il irait jusqu’à donner son dernier souffle, comme Sainte Thérèse qui tricotait saintement, isolée dans son couvent en attendant la fin du monde…

 

L’enrichissement de nos lumières!

 

Et si les Québécoises et les Québécois désiraient plutôt un peu de bonheur au quotidien dans une vie pas toujours facile. Et si les 80% des Québécoises et des Québécois  qui n’ont pas comme sa sainteté et ses acolytes les moyens d’assister aux concerts de l’OSM après être allés dîner (parce qu’eux, ils ne disent sûrement pas souper) avec le nouveau merveilleux chef au Ritz avec mesdames en robe d’apparat? Si la majorité travaillante et suante de la société québécoise s’était rendue compte que plus elle travaillait, plus elle enrichissait ces mêmes « lumières » qui ont château en ville/château en campagne/château en Floride… et qui puisent largement dans l’assiette budgétaire des gouvernements en devenant responsables de toutes sortes de commissions fantoches (par exemple en négociant chèrement pour l’OSM ou pour la SAQ  et en faisant des recherches à grands frais sur l’écrasement d’un viaduc ou encore sur la localisation de tous les CHUM de ce monde…)?

 

Quand la plupart des économistes s’entendent pour dire que depuis les dix dernières années, l’augmentation de la richesse ne profite qu’aux riches, que la classe moyenne s’appauvrit, que les pauvres ont de plus en plus de difficultés à survivre dans ce monde de compétition effrénée, il faut avoir un front de bœuf pour soutenir le discours de cette minorité de nantis qui s’enrichissent au détriment de toute la société québécoise en se gargarisant des études style HEC… pour se donner de la crédibilité.

 

Messieurs Bouchard et sa clique veulent soumettre le peuple québécois au syndrome du petit pain/petit bonheur gagné durement, gage du paradis que les curés d’alors promettaient le dimanche à la grand messe. Les Québécoises et les Québécois sont des gens travailleurs qui n’ont pas de leçon à recevoir de cette classe méprisante. Il y a un univers entre les conditions de travail de ces gens de la haute qui font des affaires sur les terrains de golf, dans les restaurants chics, dans des bureaux aseptisés et qui travaillent fort tard le soir… entre l’apéro et le dernier cocktail… et les conditions de travail de l’ensemble de la masse qui trime très dur dans la vraie vie.

 

 

 

 

 

 

La société de rêve…

 

La société rêvée serait-elle, selon ces bonzes dédaigneux, celle que décrit l’écrivain américain Iain Levison dans son roman « Une canaille et demie »…? « Les humbles (sic) ont besoin de croire que les élites sont des gens de bien. Ça les aide à supporter leur condition, qui n’a fait qu’empirer depuis quelques années. On peut considérer que la moitié de la population américaine (et j’ajouterais québécoise et canadienne F.L.) a du mal à joindre les deux bouts et multiplie les petits boulots. »

 

Les Québécoises et les Québécois vous déçoivent, monsieur Bouchard? Nous tenons à vous dire que nous sommes, malgré nos indécisions face à notre avenir politique, des personnes adultes qui savent faire les choix idoines dans leur quotidienneté. Nous en aurons bientôt soupé des faux-curés, comme ceux de votre Église, qui tentent de nous faire passer pour des paresseux et des profiteurs. En conclusion, je crois bien que nous ne serons jamais d’accord car, au retour utopique de l’esclavagisme au travail que vous préconisez comme remède à une économie fragile et qui ne nous sied pas du tout, nous préférons de beaucoup la vision utopique et solidaire d’un meilleur partage des richesses, ce qui vous déplaît divinement.

 

Florido Levasseur