Ces monstres qui nous font si peur!
Je m’en rappelle comme de quelque chose d’un peu lointain : l’annonce officielle de la construction d’un nouvel aréna ou amphithéâtre à Rivière-du-Loup C’était l’année 2003 et comme cela se passe dans tous ces cas, il y a eu des gens qui ne voyaient pas l’utilité d’une telle construction, ils y voyaient la construction d’un éléphant blanc, blanc et laid, qui serait là en plein milieu de la ville.
Cependant,
avec le recul, je crois qu’il est nécessaire de nous rendre compte que les
protestataires n’avaient pas tout à fait raison. Le Centre accomplit sa mission
de donner à nos jeunes et moins
jeunes l’opportunité de pratiquer leurs sports favoris. Aux heures de glace du Stade de la Cité des Jeunes
se sont ajoutées les heures de glace du Centre Premier Tech. Ce qui n’est qu’un
avantage. Plus d’heures de pratique pour
les jeunes, ce qui les amènent à plus d’heures d’activité physique. Merveilleux !
À cette époque où la télévision, l’ordinateur et les jeux vidéo ont gagné du
terrain dans la préférence comme amusement et que bouger est devenu plus une corvée
ou une tâche ingrate qu’une activité « naturelle » chez le gens.
Le Centre
ne sert pas uniquement les fins des clubs sportifs. Aux heures de patinage
libre, il est aussi un lieu de réunion pour les familles qui désirent passer
des moments ensemble et cela sans avoir à débourser de l’argent. Sans avoir à donner des statistiques, on peut
constater un indice de son utilisation. Le simple fait de passer devant et de voir les parents y
entrer avec leurs enfants, l’entrée et la sortie de grands sacs et valises
remplis d’équipements dès le début de la journée jusqu’à tard le soir nous en donnent
un aperçu.
Des bons résultats, peut-être bien.
La mission
du Centre, ses caractéristiques et les gens qui y travaillent ont fait que la
candidature de notre belle ville commence à être retenue pour la réalisation
d’événements régionaux et provinciaux de grand calibre, impossible à recevoir
sans de telles installations. Il y a certes une mission plus commerciale avec
la présentation de foires et spectacles divers mais ce sont les activités
sportives qui comblent le plus d’heures d’utilisation Si on les regroupe et on parle des retombées
économiques, il n’est pas possible d’arrêter de penser aux hôtels, restaurants
et commerces en général qui peuvent bénéficier indirectement de ce centre
sportif, constat fait par l’observation.
Et les autres projets ?
Pourquoi
amener ce sujet aux lecteurs? Parce qu’il me semble que la protestation au
Québec est devenue un bien sur-utilisé, parce que je pense que nous sommes
rendus à faire de chaque action proposée un dilemme, à chaque changement il y a
des protestataires et des pancartes. Parce que parfois cela nous affecte d’une
façon très personnelle, donc cela ne
fait pas notre affaire.
Un jour,
une dame m’a dit qu’elle ne voyait pas l’utilité d’une telle construction parce
qu’elle n’irait pas et que ses enfants habitaient Montréal. Par contre, cela la
dérangeait car à partir de la fenêtre de sa cuisine elle aurait la vue du toit.
« Et les autres », lui ai-je
demandé ?
Il me
semble qu’il est très sain dans un contexte démocratique de pouvoir émettre
notre opinion. Il est toujours sain pour
une population de ne pas se laisser imposer des projets qui peuvent mettre en
jeu la qualité de vie de ses citoyens, l’environnement, etc. Je parle de la
collectivité pas uniquement de la vue de
ma maison.
Nous
nous trouvons actuellement sur le quoi faire et quoi penser de projets qui mettent
en cause plusieurs enjeux pouvant affecter positivement ou non notre vie. On ne
sait pas si on doit donner notre appui ou non, car même avec toutes les informations
disponibles ou en raison de celles-ci, on nage dans une mer de données et nous
nous méfions au point de ne plus savoir où donner de la tête. L’envergure de
projets, les risques et répercutions et tout ce qui en découle nous font peur,
mais parfois on entend des arguments tels que « ma vue sur le fleuve
ne sera plus pareil », « le
chemin pour aller chez-nous perdra de sa beauté » et c’est à ce moment-là qu’on se demande si
effectivement les porteurs de pancartes ont raison ou pas. Si le bien de la
collectivité passe avant tout.
Se poser des questions.
Cela
vous arrive-t-il d’avoir peur de ces projets? Êtes-vous si bien informés, avec
les bonnes données qui vous permettent de croire que vous avez en main l’information
nécessaire et précise afin de vous prononcer à faveur ou contre sans vous tromper?
Connaissez-vous une personne qui sera affectée «esthétiquement » et qui refuse le projet pour cette
raison? Avons-nous toute la vérité à leurs sujets? Est-ce que les
arguments pour ou contre ne servent qu’à un seul groupe d’intérêts?
D’autres
projets importants sont en réflexion dans notre région et pour le moment on
attend encore plus d’informations et d’études. Serons nous en mesure de
répondre à ces questions d’une façon objective? Avec ses outils, j’espère pouvoir
arrêter d’avoir peur de ces monstres ou finalement pouvoir me rendre à l’évidence
de la non faisabilité de ces autres projets; et peut-être que la voisine
acceptera que sa vue sur le fleuve est importante, mais que nous sommes une
seule collectivité qui attend de bons résultats à la suite des décisions bien réfléchies
et prises par les autorités impliquées.