Un « boom » de violence chez
nos jeunes ??
Entrées par infraction et déclenchement
d’incendies : Qui aurait cru qu’il était possible d’associer ces deux
actes criminels à un groupe de jeunes d’environ 8 à 10 ans? Pourtant, ils en
sont bien les auteurs. Et ces évènements se sont produits il y a à peine
quelques mois, au courant de l’été, à Rivière-du-Loup.
En voyant cela, il y a matière à se questionner. Il me
semble que les temps ont bien changé, que tout était bien différent quelques
années auparavant. Si je remonte le temps d’à peine cinq à six ans, je me
retrouve assis dans une salle de classe, à l’école primaire. Ce que j’y vois? Un
milieu de jeunes écoliers qui semblent plutôt inoffensifs et où la violence,
autant physique que verbale, ne se voit que très rarement. Avais-je les yeux
fermés sur le monde qui m’entourait ou s’agissait-il de la réalité à l’«
époque »?
Une augmentation : Oui ou Non?
Au service de police de Rivière-du-Loup, on nous
rassure d’abord : les actes déplorables mentionnés ci haut sont
attribuables à des cas isolés qui ne s’étaient pas encore vus dans la région.
Mais, on n’y est tout de même pas prêts à affirmer qu’il y ait eu une
augmentation de la violence chez nos jeunes. Les statistiques ne sembleraient
pas le démontrer non plus. Même chose au niveau primaire, de façon globale, le
niveau de violence serait demeuré à peu près le même. Par contre, depuis les
dernières années, il est possible d’observer l’apparition de
« vagues » de jeunes plus difficiles. Une sorte de groupe de jeunes
plus excités à qui on attribueraient des cas de bousculades, d’intimidation et
de violence verbale, mais il n’y aurait toutefois encore rien d’alarmant. Les
cas plus lourds de violence physique et d’actes très violents y seraient plutôt
rares. On nous explique aussi que l’augmentation de la violence chez les jeunes
est souvent attribuable à l’arrivée de ces fameuses « vagues » de jeunes au
comportement plus violent. Mais qu’est-ce qui explique que certaines
« vagues » de jeunes soient plus violentes que
d’autres?
Du cas par cas au phénomène de société
En effet, qu’est-ce qui fait qu’une « vague » de
jeunes soit plus violente qu’une autre? Il est souvent plus facile d’expliquer
un acte de violence impliquant un ou plusieurs jeunes cas par cas. On souligne
ainsi le milieu familial difficile du jeune, des problèmes qu’il éprouve envers
l’autorité ou encore, le fait qu’il veuille attirer l’attention, d’une manière
qui n’est pas nécessairement la bonne, des gens de son entourage ou de ses
camarades de classe. Pourtant, ceci n’explique pas pourquoi une « vague » de
jeunes soit soudainement plus violente. Il faut alors diriger les causes vers
le climat familial de ces jeunes et vers l’état de la société. Bon, il serait
difficile d’attribuer cette soudaine augmentation de violence chez les jeunes
au climat social de la ville de Rivière-du-Loup. Le taux de criminalité en matière
d’actes violents majeurs n’y est pas si élevé. Par contre, c’est peut-être au
niveau de la société de nos jours où réside le problème. On l’a souligné
maintes fois, la télévision et le cinéma y sont pour beaucoup. En effet, au
cours des dernières années, il a été possible d’observer une nette augmentation
de la violence physique et verbale au petit écran. Ainsi que l’utilisation
marquée d’un langage de vulgaire à grossier et ce, à des heures de grande
écoute, au moment même où les jeunes se retrouvent devant le téléviseur. Mais
plutôt que d’attendre que la programmation télévisuelle soit plus acceptable,
il est possible d’atténuer la situation.
Ce que nous pouvons faire
Il faut tout de
même préciser que la plupart des cas de violence scolaire se règlent souvent à
l’interne, c’est-à-dire par les écoles elles-mêmes qui font appel aux parents,
aux enseignants ou à des intervenants. Il est alors possible de régler bon
nombre de problèmes de cette manière. Sinon, il est toujours envisageable de
dénoncer à la direction de son école ou de porter plainte au service de police
de Rivière-du-Loup. Étant donné que le problème de violence chez les jeunes
dans la région n’est pas très alarmant, il serait préférable de penser
prévention. Des mesures auraient déjà été prises, notamment par des ateliers
thématiques, des pièces de théâtre et des conférences sur le sujet données aux
jeunes dans les écoles. Des moyens de sensibilisation qui devraient s’avérer
efficaces. N’oublions pas que nous ne faisons pas encore face à un problème de
violence chez les jeunes comme il est possible de le voir dans les grands
centres du Québec, mais il ne faut tout de même pas fermer les yeux sur les cas
déjà présents dans la région. Il est donc de mise d’allier prévention et
sensibilisation tout en continuant d’encourager et de soutenir les très bons
jeunes que nous retrouvons aussi en région!
Danniel Blanchette Pelletier