Le dernier enseignement de Pauline.
Détendez-vous, ceci n’est pas une chronique pour faire
l’éloge de Pauline Marois, de sa carrière ou de son allégeance politique, ce
n’est pas non plus une chronique partisane.
Madame
Marois avait cette intention et elle avait lutté une grande partie de sa vie
pour que cela arrive. Mais, les
conditions ne se sont pas présentées.
Les arguments que j’ai entendu dire me dressent les cheveux. « Elle n’était pas près du
peuple », « trop bien habillée », « elle a du
surpoids ». Madame Marois a été si
passionnée qu’elle a même changé la façon de se vêtir et se coiffer tout en
perdant quelques livres. À la fin… vous
connaissez les résultats, selon ses propres paroles « le cœur n’y est
plus »
Les femmes et l’utilisation du temps.
Je me demande à quoi madame Marois a réfléchi pendant
qu’elle prenait sa décision de quitter la politique. Imaginez-vous tout le
temps qu’elle s’est investie dans sa passion pendant que ses enfants
grandissaient et sa famille évoluait.
Tous les galas méritas qu’elle a manqués, toutes les compétitions
sportives auxquelles elle n’était pas au rendez-vous, car elle devait
travailler; fêtes de mères, première peine d’amour, chevilles tordues,
etcetera. Au moment de prononcer à
l’Assemblée Nationale son « le cœur n’y est plus », aurait-elle
pensée à tout ce temps qu’elle avait « gaspillé » à la place d’être
avec sa famille? J’ose parler de
« gaspillage » du temps parce que, à la fin, sa coiffure, la façon de
s’habiller et d’autres superficialités ont donné le coup de grâce à sa carrière
politique.
Une semaine après sa démission les auteurs Nathalie
Collard et Jean-François Chicoine lançaient l’essai « Le bébé et l’eau du
bain » qui parle entre autres, de la nécessité pour un enfant de moins de
deux ans de rester près de sa mère et surtout de ne pas aller en garderie. De
quoi nous mettre en garde. Qui? Les femmes, bien évidemment.
Les femmes et la politique
Il ne faut pas aller chercher trop loin les raisons
pour lesquelles les femmes ne sont pas en politique au Québec. Madame Marois, peut être sans le réaliser,
nous a offert une dernière grande leçon.
Notre Québec ne veut pas de femmes au pouvoir, il ne le dira pas
ouvertement parce que « ça parait mal », mais il ne peut pas
accepter que ce soit une femme qui dirige le destin d’un parti politique,
encore mois d’un peuple.
Est-ce que les conditions pour que les femmes
poursuivent une carrière politique sont là ? La réponse, selon moi, c’est non. Parce que nous les femmes en général, nous
avons un rapport très différent de celui des hommes au sujet de l’utilisation
du temps. Parce que nous sommes plus
passionnées de notre famille que de la chose politique et parce que quand une
femme a le courage de traverser la ligne, elle se fait juger par la couleur de
son rouge à lèvres plutôt que par son apport à la société. Gare à vous madame Françoise David, on va
vous trouver des défauts, je vous assure!
Et ailleurs comment cela se passe-t-il?
Le 22 novembre 2005, Angela Merker devint la première
femme Chancelière de l’histoire d’Allemagne. « Pas de mérite »
diriez-vous « c’est un pays industrialisé et éduqué comme le
nôtre ». Le 15 janvier, 2006, le peuple chilien a élu madame Michelle
Bachellete comme Présidente. Difficile à expliquer c’est l’Amérique Latine là
où vivent « des pauvres sans éducation » selon certaines
personnes que je connais. Deux pays, deux situations de développement social et
économique différentes, mais une vision politique et d’avenir qui les
unit. Donner l’opportunité aux femmes
de prendre le pouvoir. Le 8 mars
dernier, l’Organisation des Nations Unies a publié un rapport qui signale un taux
mondial très bas de participation des femmes en politique. Afin que les femmes
puissent se sentir représentées adéquatement, il faut qu’au mois 30 % des
sièges aux parlements soient occupés par elles, selon ce même document.
Seulement 20 nations de la planète ont atteint ou
surpassé ce pourcentage, parmi elles : Rwanda, Mozambique, Guyana et
Burundi. Seulement 3 pays sont arrivés
à atteindre une parité au sein du gouvernement : Chili, Espagne et Suède.
De quoi à nous faire rougir!
Devrions-nous être comme les Allemands?
Ou plutôt devrions-nous faire comme les Chiliens? Ne sommes nous pas un pays industrialisé? Où
se trouve la difficulté des femmes à participer dans la vie politique du
Québec? Les réponses nous les avons eues au même moment où madame Marois
démissionnait. Voilà le dernier enseignement de Pauline qui, en passant, a
trouvé la force de ne pas verser une seule larme, parce que le lendemain on en
aurait fait tout un plat. Car un
comportement trop féminin ne serait en aucune façon toléré.