De statistiques et
d’immigration
« Les statistiques ne mentent pas »,
vieille phrase que mon prof de la même discipline répétait à chaque fois
que ses élèves voulaient lui réfuter un argument. C’est grâce aux statistiques que nous pouvons avoir une vision
globale du monde qui nous entoure, elles nous donnent des indices, voire
parfois des avertissements.
C’est à partir des statistiques que nous savons que
les régions du Québec sont en train de se vider dû à la dénatalité, le
vieillissement de la population, la migration des jeunes au profit des grandes villes. Quand on sait que
tout cela est lié aux calculs sur les niveaux de production de biens et de
services, aux niveaux d’emploi, les flux des exportations et des importations
de marchandises, nous sommes en face de concepts difficiles à expliquer ou à
comprendre pour les non-initiés, comme moi, sauf, quand nous avons des
statistiques. Et « les
statistiques ne mentent pas ».
Depuis plusieurs années, autant le gouvernement
fédéral que le gouvernement québécois se rendent compte du déclin
démographique. Le Québec est au prise
avec un des plus faibles taux de croissance de celle-ci au monde, soit 1,4
enfant par femme, on dit qu’il faut 2,1 enfants pour renouveler une génération.
Cela se traduit comment? Et bien, en
gros chiffres, si nous continuons comme ça, nous serons 4,3 millions en 2050,
et la population continuera à décroître pour se stabiliser avec 2 millions de
personnes vers l’année 2080. Peu importe quelle est votre vision socio
politique et économique, 2 millions de personnes ne font pas le poids ni devant
un gouvernement fédéral, ni comme nation. C’est vrai que « les
statistiques ne mentent pas ».
De là, découle la politique d’ouvrir les portes à
l’immigration, une politique adoptée par presque tous les pays de la planète
dits industrialisés et qui souffrent des mêmes phénomènes. Nous regardons l’immigration comme une
alternative. Mais détrompez-vous, ce n’est pas n’importe quel immigrant qui
réussira à rentrer au pays.
La plupart des immigrants reçus sont des personnes qui
entrent dans la catégorie de travailleurs qualifiés ou de regroupement
familial. Nous avons également l’engagement devant le Haut Commissariat
pour les réfugiés de l’Organisation des Nations Unies d’accueillir des
personnes en détresse qui demandent asile.
Il y a d’autres catégories, mais les cas les plus communs sont les trois
déjà cités.
Être sélectionné par le Québec et admis par le Canada comme travailleur
qualifié, n’est pas une tâche facile. Voici les principaux critères :
avoir une formation privilégiée ou en demande, de l’expérience professionnelle,
les connaissances d’une ou de deux langues officielles, des liens avec le
Québec, une excellente santé, pas de dossier criminel et avoir de l’argent pour
les trois premiers mois du séjour, ajoutez à cela les frais de transport, les
frais des démarches administratives et les coûts liés au déménagement. Cela vous donne un indice au sujet des
personnes qui réussissent à franchir nos frontières légalement pour s’établir
chez nous.
Qu’est-ce
qu’ils viennent chercher ici?
Avez-vous déjà eu un rêve pour vous ou pour vos
enfants? Si vous êtes ingénieur ou
analyste financier ou si votre enfant est finissant cette année d’un niveau
universitaire
et que l’on vous dit que là-bas au Canada vous êtes
les bienvenu, que vous allez pratiquer votre profession, gagner votre vie en
dollars, en plus d’avoir une grande stabilité économique et sociale, vous
seriez tenté d’y aller n’est-ce pas? Et
bien c’est cela qui arrive aux personnes immigrantes, elles viennent ici pour
réaliser leur rêve, le rêve de travailler, un rêve qui dans bien des cas tourne
mal, parce que même si la société est globalement accueillante, il reste des
préjugés et des stéréotypes à surmonter. À cela s’ajoutent des critères très
stricts pour être accepté par un ordre ou association professionnelle et
pouvoir par la suite pratiquer. Il
arrive que la plupart des immigrants viennent avec leurs études, leurs diplômes
et leurs expériences de travail qui sont difficilement reconnus à leur juste
valeur, donc, pratiquer leur profession dans leur domaine, et leur
qualification, relève presque du miracle.
Effectivement, trouver un emploi dans leur champ et
niveau scolaire prendra des années, en attendant, s’ils sont chanceux, ils
seront sous employés ou feront des jobines.
Ils peuvent se passer des années avant que la personne décroche une première expérience canadienne de
travail, c’est pour cette raison que le taux de chômage des immigrants est
de 12 % par rapport à 8,2 % pour des travailleurs nés ici. Des ingénieurs, des médecins, des
professeurs, des économistes et j’en passe en chômage?!.
Des
immigrants dans notre région
Il est vrai que les immigrants sélectionnés par le
Québec restent à Montréal dans une proportion d’environ 80 %, une des raisons
de ce phénomène jusqu’à récemment c’était le manque d’information au sujet des
régions et ses possibilités.
Il se peut que dans un court délai, nous assistions à
l’arrivée des personnes immigrantes dans notre région, de par l’information
qu’elles commencent à recevoir, elles
réalisent que le dynamisme, le développement, la croissance et les activités culturelles, ne sont pas exclusifs des
grands centres et que nous avons, en plus, une qualité de vie
exceptionnelle. Par ailleurs, les
statistiques commencent à nous rattraper, certaines entreprises s’ouvrent à envisager
la possibilité d’embaucher des personnes immigrantes, mais, pas de panique, il
ne faut pas penser que d’un jour à l’autre, elles viendront ici par dizaines,
elles ont une condition pour venir s’installer
D’abord, avoir un emploi, ensuite une population
accueillante qui permettra leur intégration et leur participation. Qu’ils
trouvent une population accueillante je n’en doute pas du tout, étant moi-même
une personne immigrante très bien reçue par ma communauté. C’est sur le côté des opportunités de
travail que je me pose des questions.
J’espère que les statistiques seront un jour en faveur de l’immigration,
cela voudra dire qu’on a réussi à trouver le point d’équilibre au défi auquel
on fait face, parce que comme mon prof
le disait si bien « les
statistiques ne mentent pas »