La forêt, notre richesse


La forêt, quelle belle création de Dieu! Laissez-moi vous mettre en scène un extrait d'un rêve : Je me retrouve en plein coeur du bois, j'entends le chant des oiseaux, le vent siffle dans mes oreilles, les arbres dansent au rythme du vent. Mais un bruit strident dérange ma tranquillité. Je cherche et je vois un gros monstre mécanique avec une scie au bout qui découpe des arbres. Un mois a passé, je retourne dans mon lieu paisible, mais que vois-je? La surface d'un lot de bois a été ravagée. Désastreux, mais vrai, les pilleurs de forêts ont brisé ma fierté, notre fierté.

 

La coupe à blanc est perçue négativement, car certains profiteurs exagèrent et rasent tout sur leur passage. Cependant, ne mettons pas tout dans le même panier, elle reste une nécessité dans certains cas.

 

Les vrais motifs d’une coupe à blanc


Paradoxalement, il existe des raisons qui justifient la coupe à blanc. En voici trois. Premièrement, lorsque le feu a ravagé une grande superficie de forêt : l’aménageur forestier doit nettoyer les dégâts causés par les flammes. Deuxièmement, lors de l’apparition d’une nouvelle maladie détectée par les ingénieurs forestiers, telle que la tordeuse d'épinette : cela nécessite une coupe à blanc pour refaire une forêt saine et neuve. Troisièmement, lorsqu’une forêt est remplie de bois mort suite au passage des pics bois ou des rongeurs qui se sont nourris de l’écorce : dans une telle situation, le travailleur forestier n'a d'autre choix que de couper à blanc cette forêt morte. Ces trois exemples démontrent l’utilité de la coupe à blanc, puisqu’elle favorise une meilleure croissance de l’arbre après ces phénomènes de la nature.

 

Le parfait pilleur de lots


Par contre, les pilleurs de forêts invoquent faussement ces raisons, en particulier celle d'une forêt morte, pour raser leurs lots forestiers. Leur seul et unique objectif est la recherche d’un profit immédiat : on peut ainsi payer son achat et, avec le reste de l'argent, se racheter un autre lot, et ainsi de suite. La logique du pilleur de lots est qu’il pense qu'une future plantation forestière sera mise sur pied pour renouveler l'essence coupée. Il a raison, mais il n’a pas réfléchi à la question suivante : Dans combien de temps un arbre sera-t-il de nouveau mature? Règle générale, il ne sera possible de refaire une coupe que dans soixante-dix ans, peut-être même plus. Comment pouvons-nous avoir une économie rentable pendant ce temps? C’est ainsi que nos compagnies forestières sont vendues à l’étranger, comme dans le cas de la compagnie Bowater, ou qu’on force les exploitants de scierie à s’alimenter en bois à partir des États-Unis ou du Nouveau-Brunswick.

 

La reforestation une question de temps

 

Mais encore, ne mettons pas tout le monde dans le même panier. Je connais un bûcheron qui, depuis au moins vingt ans, aménage sa forêt et il lui reste toujours des arbres à couper.  Son lot est sain, il n’y a aucun arbre mort ou ayant une maladie quelconque sur celui-ci. Ainsi, il en tire un revenu stable tout en respectant la nature. La quantité de bois qu’il sort de son lot n’est peut-être pas extraordinaire, mais il peut l’exploiter à très long terme, sans devoir s’exiler.

 

Cependant, les chercheurs ont mis sur pied un projet qui vise à accélérer la croissance de l'arbre. À l’heure actuelle, cette nouvelle sorte de plantation, qui se nomme la plantation hybride, est surtout appliquée au peuplier. La forêt hybride prendrait environ vingt ans à atteindre pleine maturité. Disons qu’il s’agit d’une belle solution pour les compagnies, mais est-ce la bonne pour l'environnement? Cette innovation n’est qu’expérimentale et certains bûcherons restent sceptiques devant cette création. Plusieurs disent qu'un arbre est un vivant et que pour qu'il soit de qualité, il doit être mature. Je doute donc de cette « maturité accélérée », comme ailleurs on doute des OGM.


Enfin, je continue de rêver que je suis dans une forêt paisible. Je me promène heureux, fier et plein de vie et je me bats pour garder mon rêve cette fois-ci. Car il y aura toujours un monstre qui voudra me hanter et détruire mes plus belles images.

 

Dave Albert