Kyoto…Ky/eau/to…Ky/auto…
Suite à l’annonce du plan global de mise en œuvre du
protocole de Kyoto par le ministre fédéral de l’Environnement, je pense qu’il
est important que nous réfléchissions sur nos comportements de
« locataires pollueurs de notre belle planète bleue »… (Locataires
parce qu’elle ne nous appartient pas puisque nous l’empruntons à nos enfants,
comme le disait St-Exupéry). Pour plusieurs d’entre nous sans doute, Kyoto
représente une sorte d’étude sur le
« smog environnemental » causé par les grandes compagnies qui
polluent la planète et qui sont responsables de toutes les catastrophes
naturelles que nous subissons. Mais nous avons, comme individus, notre grande
part de responsabilité dans la détérioration du climat planétaire. De
nombreuses personnalités québécoises ont témoigné de l’importance des gestes
individuels dans la crise environnementale que nous connaissons: Hubert Reeves,
Claude Villeneuve, Pierre Dansereau, Richard Desjardins, Laure Waridel et
Monique Fitzback, pour n’en citer que quelques-unes.
En mémoire de Monique Fitzback.
Je me dois ici de rappeler avant tout le souvenir et
de faire l’éloge de Monique Fitzback, une femme de notre région (Rivière-du-Loup)
qui est décédée le 6 février dernier après avoir voué sa vie à la cause
de l’éducation pour un avenir viable (EAV).
Elle s’était donné entre autre comme mission de sensibiliser des milliers de jeunes à la problématique des changements
climatiques. J’ai eu l’immense privilège de travailler avec Monique
depuis qu’elle a été élue présidente du Syndicat de l’Enseignement du
Grand-Portage au début des années 80. Elle s’était alors engagée totalement
dans la défense des droits humains. Mais ce que je veux souligner
particulièrement ici, c’est la grande œuvre de sa vie, soit le mouvement des
Établissements Verts Brundtland (EVB) dont elle fut l’instigatrice,
l’inspiratrice et la promotrice acharnée.
Monique était une visionnaire: ainsi, suite à la
publication du rapport Brundtland sur l’état de la Planète en 1987, elle avait
réuni autour d’elle un groupe de personnes qu’on disait « flyées » et
qui s’était donné comme mandat de sensibiliser la jeunesse québécoise à
l’importance des gestes que nous posons, même les plus petits, pour la
protection et l’amélioration de notre environnement.
Elle a travaillé avec acharnement afin que la CSQ (la
centrale de l’enseignement du Québec) assure le développement du mouvement des
EVB. Et je peux dire qu’elle a réussi son défi puisqu’il y a maintenant plus de
neuf cents établissements scolaires au Québec qui font partie des EVB et qui
font la promotion des valeurs de démocratie, de solidarité, de pacifisme et
d’écologie.
La science et les changements climatiques
Une première conférence mondiale sur le climat s’est
tenue à Genève en 1979. Les scientifiques sonnaient une première alarme :
les activités humaines avaient un sérieux impact sur le climat. Après des
recherches continues, en 1995, nous assistons à un premier consensus
scientifique international : les humains sont la principale cause du
réchauffement catastrophique de la planète. En 2001, le rapport prévoit une
augmentation des températures de 1,5 à 6 degrés au cours des 100 prochaines
années. Puis au printemps 2005, le dernier rapport de l’ONU sur l’état de la
planète précise que la moitié des écosystèmes planétaires sont déjà
sérieusement affectés.
Le protocole de Kyoto.
En 1997, lors de la conférence de Kyoto, l’ensemble
des pays présents s’entendait enfin sur des objectifs modestes de réduction des
gaz à effet de serre. Malgré la ratification du traité par le Canada et la
Russie, les Etats-Unis, le pays le plus pollueur de la planète, résistait et
résiste toujours…Ainsi, alors que le
Canada annonce des investissements de près de dix milliards d’ici 2012 afin de
réduire nos émissions de gaz à effet de serre, le président Bush annonçait,
lui, un investissement de 4,5 milliards destiné à déterminer (contre toute
logique scientifique) si ce sont les activités humaines ou les phénomènes
naturels qui sont à l’origine des changements climatiques… « Business as usual! »
Le programme canadien, malgré les nombreuses lacunes dénoncées par plusieurs environnementalistes, a tout au
moins la particularité de sensibiliser les citoyennes et les citoyens à
l’importance du problème des changements climatiques. Nous savons que nous en
subissons déjà les effets : fonte du pergélisol dans le Nord, baisse de
niveau de l’eau de lacs et de rivières, plus grande fréquence de phénomènes
météorologiques extrêmes (sécheresses, verglas, inondations), smog à l’origine
de problèmes respiratoires inquiétants (Radio-Canada dixit, 13 avril)… Bien sûr
les grandes industries ont leur part de responsabilité, mais chaque Canadien
produit en moyenne plus de cinq tonnes de GES par année, soit environ 28 % des
émissions produites au Canada : transport routier des personnes, chauffage
et climatisation, chauffage de l’eau, appareils électroménagers et éclairage et
l’enfouissement de nos déchets dans les sites.
Que pouvons-nous faire?
Nous n’avons pas beaucoup d’alternatives. Ou bien nous
nous cachons la tête dans le smog… et nous attendons le cataclysme final comme
ces groupes religieux américains qui espèrent qu’ainsi la fin du monde et le
retour du Messie arriveront plus vite… Ou bien nous nous en remettons aux
gouvernements et aux scientifiques qui n’ont qu’à trouver des solutions… Ou
bien nous agissons en citoyennes et
citoyens responsables et nous relevons
le défi d’une tonne en
utilisant l’énergie judicieusement et en faisant de bons choix de consommation.
Je crois que les trucs qui sont présentés dans le
guide « Relever le défi d’une tonne » publié par le gouvernement
fédéral permettent de nous fixer des
objectifs raisonnables et réalisables sans diminuer notre qualité de vie. Et le
premier « petit geste » que je vous suggère est de vous procurer
le guide « Relever le défi d’une
tonne » (*). Ainsi, en amorçant une réflexion sur une problématique aussi
importante, nous nous engageons collectivement à trouver des solutions… et même
si ça nous semble impossible, il faut nous y attaquer. En effet, comme le
disait si bien Monique Fitzback, s’inspirant de Victor Hugo : ce qui
semble utopique aujourd’hui sera la réalité de demain… si nous y
mettons les énergies nécessaires.
* www.changementsclimatiques.gc.ca
Florido Levasseur.