Vous sentez-vous
responsables des conséquences
qu’entraînent vos achats?
À l’ère où les grandes
multinationales du commerce au détail font tout ce qui est en leur pouvoir pour
offrir des prix plus que compétitifs à leurs clients, il est de plus en plus
difficile de résister à la tentation que nous offre tant de facilité. Nous pouvons désormais acheter pratiquement
tout ce dont nous avons besoin sous un seul et unique toit... Mais la fin
justifie-t-elle les moyens?
Pouvons-nous sacrifier l’équilibre international, tant social,
économique, qu’écologique, au nom de notre confort personnel?
Si
la population était réellement conscientisée aux conséquences sérieuses
qu’entraîne notre consommation actuelle, une certaine compagnie n’aurait pas pu
installer une de ses succursales dans la ville de Rivière-du-Loup il y a
quelques mois. Les gens se seraient
davantage mobilisés et les magnats de l’industrie du commerce au détail
auraient rebroussé chemin. Cessons
d’être indifférents à la misère qui sévit partout dans le monde et prenons
conscience qu’il y a de la vie à l’extérieur de notre petite ville natale. Une vie de plus en plus dépendante de nos
actions quotidiennes...
Comment faire face à une
compétition si féroce?
Plusieurs
usines qui produisent les biens de consommation que nous achetons sont situées
dans des zones franches, où les conditions des ouvriers sont à la merci de
l’employeur. Un boycott massif des
produits provenant de tels endroits pourrait forcer les chefs d’entreprise à
considérer davantage leur main-d’oeuvre.
Idéalisme? Sans doute puisque le phénomène est fortement imprégné dans
les moeurs des Nord-Américains qui, pour la plupart, ne veulent pas sacrifier
quelques sous de plus pour acheter un même produit chez un commerçant
local. Jusqu’à quel point les milliers
de clients qui se bousculent aux caisses des super-magasins sont-ils responsables des désastres qu’ils
causent? À vous de juger.
Les conséquences environnementales
de nos achats
La règle des 3N-J
Si vous
voulez en savoir davantage sur le sujet, vous pouvez consulter le livre L’envers de l’assiette, disponible à la
bibliothèque municipale Françoise-Bédard.
Son auteur, Laure Waridel, est
la cofondatrice d’Équiterre[1][1], une organisation vouée à la promotion de choix écologiques et
socialement responsables. Elle est une
pionnière du commerce équitable au Québec.
Pour effectuer des achats responsables et sains, elle nous propose une
méthode facilement mémorisable, inspirée de la règle des 3-R (Réduire,
Réutiliser, Recycler). Elle l’a adaptée
à la consommation alimentaire et en a fait la règle des 3N-J (Nu, Non-loin, Naturel, Juste). Le
« Nu » réfère au sur-emballage abordé plus haut, le
« Non-loin » aux kilomètres parcourus par le produit consommé, le
« Naturel » à la réduction de produits chimiques dans la nourriture,
et le « Juste » au commerce équitable. Cette forme de commerce a pour objectif d'aider les artisans et les travailleurs dans
les pays en voie de développement en leur faisant bénéficier d'un prix juste pour leur travail afin qu’ils soient en
mesure de mieux répondre à leurs besoins fondamentaux. À Rivière-du-Loup, vous pouvez vous procurer
du café ainsi que du chocolat équitable chez plusieurs commerçants de la rue
Lafontaine, notamment au Panier Vert,
aux Terroirs d’ici et d’ailleurs et à
la Brûlerie de l’est.
En terminant, je me vois obligée de vous laisser sur cette dernière
réflexion. En se responsabilisant comme
consommateur, on s’oppose à la suprématie des grands détaillants et à ses
terribles conséquences sociales : exploitation des plus pauvres dans les
pays en voie de développement, destruction du commerce local, baisse des
conditions de travail des employés du milieu, etc... Cette responsabilisation donne sa suite dans l’acte politique. En portant au pouvoir un gouvernement qui,
par une « réingénérie », veut limiter les capacités d’intervention et
de réglementation de l’État sur les entreprises, on peut se demander dans
quelle mesure cela participe à la « walmartisation » de notre
société.