Le prix de l’essence: Sommes-nous des boucs-émissaires ?
Des
causes qui n’en sont pas toujours
Comme moi,
vous devez commencer à en avoir marre de la valse des prix de l’essence et de
l’incessant jeu de yo-yo auquel se livrent les grandes pétrolières, et ce, bien
évidemment à nos dépends. Avec toutes ces fluctuations de prix, on en vient à
ne plus savoir à quoi s’attendre, surtout que les pétrolières trouvent toutes
les raisons du monde pour justifier leurs augmentations : coûts de production,
réserves mondiales à la baisse, attentats terroristes et j’en passe. Mais ce
qui m’agresse le plus, c’est que nous subissons toujours des hausses un peu
avant que ne commencent la saison estivale ou les longs congés. Est-ce que
toutes les causes invoquées par les pétrolières se produisent à ces moments ?
Et bien non, c’est juste pour faire un peu plus d’argent sur notre dos lorsque
le nombre de déplacements s’accroît et que les gens veulent profiter de leurs
vacances sans devoir rester « collés » à la maison.
Et
nos gouvernements ???
Il est
certain que ce n’est pas à l’avantage des gouvernements de faire baisser le
prix de l’essence, puisque plus le prix est élevé, plus ils en retirent des
taxes. Le gouvernement fédéral a même le culot de maintenir une taxe de $0.015
le litre, instaurée en 1996 pour combler le déficit ! A ce que je sache, le
fédéral accumule les surplus budgétaires depuis plusieurs années déjà et on
paie toujours cette taxe! Si c’est comme pour la TPS, qu’on nous promettait
d’abolir pour se faire élire, on va attendre encore longtemps!
Pour
chaque litre d’essence que nous achetons, près de la moitié du coût est composé
de taxes de toutes sortes : taxes pour ci, taxes pour ça, taxes sur les taxes,…. Et pas question de
réglementer ou d’assurer une libre concurrence, ça pourrait risquer d’offusquer
ces grands amis très influents que sont les pétrolières. L’amitié…ça se cultive!
Aux
États-Unis, lorsqu’une pétrolière augmente ses prix, ce ne sont pas toutes les pétrolières
qui le font en même temps. C’est une question d’offre et de demande, de
concurrence dans les prix. Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas faire la même
chose au Canada ? Pourquoi permet-on la libre concurrence dans presque tous les
domaines et pas dans celui-là? Et pourquoi le gouvernement ne veut-il pas agir
pour savoir s’il y a collusion entre les pétrolières ? Candidement, le premier
ministre Paul Martin a déclaré qu’il ne tolèrerait pas le litre d’essence à
$1.40! Nous on va se rebeller bien avant ça!
Le
ministre des ressources naturelles du Québec déclarait récemment que le
gouvernement subit lui aussi les contrecoups de ces hausses, qui font augmenter
les frais d’exploitation à différents niveaux. Il va même jusqu’à dire que cela
fait augmenter les frais de climatisation…alors que les climatiseurs
fonctionnent à l’électricité ! Est-ce que c’est là que je dois rire ? Le
ministre va même jusqu’à dire qu’une baisse de taxes n’irait pas dans les
poches des consommateurs, mais ferait augmenter les profits dans celles déjà
bien garnies des pétrolières. Qui mène chez nous …. le gouvernement ou les
pétrolières ?
Durement touchés
Chose
certaine, ces hausses affectent tous les consommateurs, mais certains le sont
plus que d’autres. Parlez-en aux chauffeurs de taxi qui doivent absorber ces
hausses à mêmes leurs revenus, puisqu’ils ne peuvent augmenter leur prix,
ceux-ci étant réglementés. C’est drôle tout de même, on peut réglementer le
prix d’une course en taxi, mais pas celui du prix de l’essence! Les
travailleurs autonomes de l’industrie du transport sont également durement
touchés. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Appel
au boycott
Tout comme
moi, vous avez dû être sollicités pour « fuir » les stations
affichant les bannières Shell, Pétro Canada et Esso. Plusieurs croient qu’il
faut attaquer les pétrolières là où ça risque de leur faire le plus mal….dans
le porte-monnaie. Si elles vendent moins, elles devront baisser leur prix pour
attirer les consommateurs et cela pourrait avoir un effet d’entraînement sur
les autres grandes compagnies. C’est probablement le plus grand pouvoir que
nous ayons pour l’instant, puisque les gouvernements ne semblent pas vouloir
bouger
Mais même
si j’approuve ce boycott, je crois sincèrement que les gouvernements devront
« mettre leurs culottes » pour que cesse cette valse des prix sur le
dos des consommateurs. On nous promet des baisses d’impôt, on accroît les
montants d’aide aux familles….mais ce qu’on donne d’une main, on le reprend de
l’autre. Il est plus que temps de mettre au pas toutes ces grandes compagnies
en les soumettant à la concurrence des prix. Et que le meilleur gagne !