La grande séduction : la population sera-t-elle
séduite?
Le gaz naturel compte pour 25% de l’énergie consommée
chaque jour en Amérique du Nord. Toutefois,
on prévoit une augmentation de près de 20% de cette demande d’ici
2012. Comme le niveau de production de
gaz de l’Amérique ne sera sûrement pas assez grand pour suffire à la demande,
nous devrons nous tourner de façon plus importante vers l’importation de GNL
(gaz naturel liquéfié), un gaz soit disant propre, efficace, et sécuritaire. Le
gaz naturel est extrait outre-mer, en Algérie et au Nigeria notamment. Ensuite,
il est transporté par gazoduc jusqu’à un endroit où il est liquéfié. Celui-ci
est finalement transporté par bateau jusqu’à un terminal d’importation de gaz
naturel liquéfié où il sera entreposé. Un projet de TransCanada et Pétro-Canada
vise l’implantation d’un tel port à Gros Cacouna. Selon Energie Cacouna, le gaz
naturel liquide qui sera importé jusqu'à un terminal méthanier dans la région
sera commercialisé au Québec, en Ontario et dans le Nord-Est des États-Unis.
Parce que la terre est ronde, il est bien moins
coûteux de faire transporter le GNL au Québec que dans le Golfe du Mexique, où
sont situés la majorité des ports méthanier d’Amérique du Nord. Ainsi, le
Québec, de par sa situation géographique, est un point stratégique. Grâce à cet
avantage, le Québec sera une destination des plus avantageuses pour les
installations de production prévues
dans le futur pour la Norvège et le nord-ouest de la Russie. Aussi, en se
basant sur des critères comme la faisabilité technique, l’impact sur
l’environnement, la sécurité de la population environnante et l’économie,
Energie Cacouna soutient que Gros-Cacouna est l’endroit où il y a le meilleur potentiel pour ce genre
de projet. Devrions-nous en penser autant? Surtout si l’on constate que, oui,
Gros-Cacouna est le meilleur site au Québec après le site de Beaumont et celui
de St-Vallier, deux sites étudiés pour un futur port méthanier et qui furent
tous deux refusés par les citoyens et les différents groupes environnementaux
concernés. Il est donc évident que ce projet est plus qu’avantageux pour
TransCanada et Pétro-Canada. Mais la
venue d’une telle infrastructure suscite bien des débats, notamment sur
l’importance des retombées sur l’économie de la région, sur l’environnement et
sur la sécurité régionale.
Des avis partagé sur le sujet…
Sur le site d’Énergie Cacouna, nous pouvons y lire que
le projet offrira des avantages directs à la collectivité locale, dont
notamment « de 500 à 1 000 emplois pour la construction et de 1 500 à 2 500
autres emplois indirects pour fournir les produits et services requis pour la
construction[1][1] ». En ce qui concerne les emplois durables, le projet
ne prévoit que de 30 à 50 emplois permanents, ce qui n’est guère plus qu’un complexe
hôtelier. De plus, les installations hôtelières n’entreposent pas de GNL qui
est, selon les promoteurs du projet, un gaz propre et sécuritaire. Mais, selon
divers organismes luttant pour la protection de l’environnement, le GNL est un gaz asphyxiant à l’état
vapeur et il peut détruire tout tissu vivant avec lequel il entre en contact.
Cette vision contradictoire des deux parties est certainement causée par des
intérêts très divergents. Bien qu’il soit
indéniable qu’il y aura des retombés économiques importantes, voire très
bénéfiques pour la région, un port
méthanier est-il souhaitable pour le milieu régional?
Les effets possibles sur
l’environnement…
Sur l’aspect environnemental, plusieurs études seront
nécessaires avant que le projet ne soit jugé acceptable. Nous devons nous
interroger sur nos priorités, en évaluant les divers risques d’un tel
projet : émissions de dioxyde de carbone, de petites quantités d'oxyde
d'azote, de monoxyde de carbone et
d'anhydride sulfureux. Et que dire du méthane? D’ailleurs, il serait
ironique de dire de celui-ci qu’il est sans danger. N’oublions pas le risque de
catastrophes écologiques, comme un déversement accidentel de gaz liquéfié, et
surtout des conséquences désastreuses de ce genre de catastrophes. Pouvons-nous
accepter la construction d’un tel projet a proximité d’un marais de renommée
internationale? Peut-on accepter la venue d’un port méthanier dans une région
où plusieurs emplois sont générés par le tourisme? Et surtout, que penser d’un
projet éphémère comme celui-ci? En effet,
le projet d’énergie Cacouna assure l’exploitation de cette
infrastructure pour 40 ans. Mais par la suite, il n’y a aucune garantie
car les infrastructures devront être
modernisées.
Depuis le 11 septembre 2001, on ne peut écarter la
menace terroriste comme risque éventuel. C’est un argument qui a pesé fort pour
les résidents de Beaumont et de St-Vallier il y a quelques mois. Il y a peu de
temps, la coalition RABAT-JOIE rendait publique une étude du Dr. James A. Fay.
Dans cette étude, cet expert fait mention d’une zone potentielle d’impact
pouvant atteindre jusqu’à 6,3 kilomètres, selon le type d’incident. Pourquoi exposer la population de la petite
localité de Cacouna à ce risque? Et comme à l’heure actuelle, il n’existe
aucune infrastructure de ce type à l’abri de ce risque majeur, nous nous devons
d’envisager cette probabilité.
La participation aux débats; un élément fondamental
pour chaque citoyen de la région…
En conclusion,
je veux vous inviter à participer au débat. Informez-vous et questionnez-vous
sur les impacts d’une infrastructure méthanière dans la région. Faites valoir
votre opinion. Pouvons-nous prendre le risque de mettre en péril notre
environnement et notre sécurité au profit de compagnies dont l’objectif est le
profit? Les retombées économiques ne nous exposent-elles pas à de trop grands
risques environnementaux? Le projet de port méthanier de Gros Cacouna est
d’abord et avant tout une question qui concerne l’ensemble des résidents de la
région. Maintenant, à vous de réfléchir et de prendre position. Voici quelques
sites d’information qui pourraient vous être utiles.
Energie cacouna : www.energiecacouna.ca
GIRAM : www.clevislauzon.qc.ca/giram
Rabat-Joie :
http://www.rabat-joie.org/